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Comment aider un.e proche qui fume ?

La majorité des fumeurs.euses souhaitent arrêter. Vous êtes peut-être proche d’une personne dans cette situation et vous vous demandez comment aborder cela avec elle ? 

Arrêter de fumer n’est pas une chose facile. Il faut généralement plusieurs tentatives pour arriver à maintenir un arrêt du tabac.  

Quand on discute du tabac avec un.e proche, on peut être inquiet des effets potentiels de sa consommation sur sa santé (maladies cardiovasculaires, risques de cancer, etc.) et  souhaiter un changement de comportement de sa part, à savoir, qu’il ou elle arrête de fumer !  

Cependant, la plupart des fumeurs.euses sont conscient.e.s des risques auxquels ils ou elles s’exposent mais ceux-ci peuvent être vus comme hypothétiques ou lointains et ne donneront pas forcément l’impulsion nécessaire pour s’engager à ne plus fumer.  

Afin de mieux comprendre ce qui est en jeu pour le.a fumeur.euse, nous vous présentons le cycle de Prochaska et Diclemente, qui modélise les étapes de réflexion et d’actions par lesquelles les fumeurs.euses peuvent passer. 

Modèle de changement de Prochaska et Diclemente 

Précontemplation : la personne nenvisage pas de changer de comportement. On parle de fumeur heureux. 

Contemplation : La personne commence à percevoir des inconvénients à sa consommation.Elle commence à peser le pour et le contre. C’est l’exploration de l’ambivalence = réflexion sur un changement de comportement, mais pas d’intention de se mettre en action. 

Préparation :  La personne se met à envisager sérieusement un arrêt ou une diminution de sa consommation et commence à se renseigner sur les possibilités d’aide. Il y a une intention de démarrer la phase d’action dans un futur proche. 

Action :  La personne stoppe/diminue sa consommation et se fait accompagner si nécessaire. Le changement est engagé vers des modifications du style de vie. 

Maintien : L’ex fumeur.euse confirme et renforce son changement de comportement. C’est la phase de consolidation. 

Reconsommation: La rechute est possible et fait partie du processus normal de changement. Il s’agit d’un temps qui peut être nécessaire à la réussite finale. Chaque reconsommation est l’occasion pour le.a fumeur.euse de mieux se connaître et de prendre conscience des situations qui risquent de le.la mettre en échec. Cela peut l’aider à rechercher d’autres solutions ! 

Sortie permanente : Ce stade marque la réussite finale du processus dans lequel la personne consolide le stade de maintien 

Ce modèle reste théorique, nous choisissons de vous le présenter afin d’avoir une vision plus globale de toutes les étapes présentes avant d’arriver à un arrêt du tabac permanent sachant qu’il peut se passer plusieurs mois, plusieurs années entre deux étapes.  

En quoi ce modèle peut-il vous aider face à la consommation d’un.e de vos proches?  

Nous pensons qu’il peut vous aider à diriger au mieux votre énergie ! En effet, une fois que vous aurez identifié le stade auquel se situe votre proche, vous pourrez l’aider de façon plus ciblée ! Rien ne sert de partager l’adresse d’un tabacologue à un.e fumeur.euse qui ne remet pas en question sa consommation, vous ne pourriez qu’être déçu.e ! 

Le plus important c’est d’essayer de comprendre ce qui est en jeu pour votre proche : quelle place et quel rôle joue le tabac dans sa vie ? Qu’est-que fumer lui apporte comme bénéfice ? Qu’est-ce qui pourrait lui donner envie d’arrêter ou de diminuer sa consommation ? Qu’est-ce qui lui fait peur à l’idée d’arrêter ? Qu’est-ce qui pourrait l’aider ? 

Dans tous les cas, nous vous suggérons de suivre les conseils suivants :  

  • Ne pas faire peur  

Il est vrai que les paquets de cigarettes contiennent des images sur les effets néfastes du tabagisme sur la santé. Ces images jouant sur la peur ont montré leurs limites quant à leur efficacité. En effet, d’une part, la peur peut paralyser et d’autre part, les consommateurs de tabac sont la plupart du temps conscients de ces risques. 

Par contre, ceux-ci sont généralement perçus comme étant lointains. En revanche, dans le cas où vous vous inquiétez pour votre santé à cause d’un tabagisme passif que vous pourriez subir, vous pouvez décider ensemble de règles afin de prendre soin de chacun en invitant par exemple votre proche à ne plus fumer à l’intérieur de la maison ou de l’appartement. 

  • Ne pas vouloir convaincre et ne pas avoir un ton moralisateur 

Essayer de convaincre la personne entraîne un phénomène de résistance ; les personnes fumeuses sont pour la grande majorité d’entre elles au courant des effets sur la santé. Il faut respecter les choix de la personne. 

  • Ne pas se servir de son expérience comme d’une vérité absolue 

Vous pouvez parler de votre expérience par moments mais sachez que la personne a sa propre expérience. On dit qu’elle est experte de son vécu.  Ce qui a “marché” pour vous ne fonctionnera pas forcément pour votre proche. Chacun.e vit les choses à sa façon. 

  • Échanger sur des opinions et/ou des ressentis 

Dans le cas où la personne ne parle pas d’elle-même de sa consommation de tabac, vous pouvez lancer la conversation en exprimant votre ressenti sur la santé de votre proche. Par exemple : « Je m’inquiète de ta consommation de cigarettes » à la place de « Tu devrais arrêter ». Exprimez ce que vous ressentez plutôt qu’exiger quelque chose de l’autre. 

Vous pouvez aussi exprimer votre opinion afin de favoriser la réflexion. Par exemple : « Cette année nous sommes passés au paquet neutre. Qu’en penses-tu ? ». L’idéal est d’avoir des questions ouvertes, des questions qui invitent à l’échange et à l’expression. 

  • Encourager la personne  

Vous pouvez dire à votre proche que vous croyez en ses capacités d’arrêter : “J’ai confiance en toi et je pense que tu pourras y arriver” Vous pouvez aussi élargir et ne pas uniquement parler du tabac mais plus globalement de la santé et du bien-être : « Pour toi, prendre soin de soi, c’est quoi ? ». 

  • Suggérer sans imposer : Comment aimerais-tu être aidé.e ? Quel type d’aide pourrait te convenir ? 

Vous pouvez l’informer sur les services d’aide possibles et laissezle.a réfléchir, sans pression 

  • Ligne d’appel de Tabacstop 0800 111 00 du lundi au vendredi de 15h à 19h. Ses services sont gratuits. Des tabacologues répondent à vos questions et vous informent. Ils proposent également des accompagnements personnalisés par téléphone 
  • Un tabacologue : vous pouvez retrouver les tabacologues proche de chez vous sur le répertoire des tabacologues.  
  • Les centres d’aide aux fumeurs (CAF) 
  • Accompagnement en groupe au sein d’une CAF ou par des tabacologues : 
  • Votre médecin généraliste est aussi souvent un partenaire privilégié qui peut vous orienter ou vous accompagner. 
  • Votre pharmacien peut vous présenter les différentes formes et dosages de substituts nicotiniques ou les autres médicaments d’aide au sevrage tabagique. Ses explications et son soutien peuvent être précieux. 
  • Le médecin nutritionniste et la diététicienne sont à consulter si la prise de poids – ou si la crainte de celle-ci – entrave votre projet d’arrêt tabagique. 

Sur notre site aideauxfumeurs.be vous trouverez aussi un descriptif des aides médicamenteuses et substituts nicotiniques : https://www.aideauxfumeurs.be/changer/je-change/ 

Saut de page 

Sources : 

https://www.tabacstop.be/soutenir-un-proche/vous-aimeriez-convaincre-quelqu-un-d-arr-ter-de-fumer 

Formation interne au FARES : CMI, entretient motivationnel et « prévention tabagisme dans un cadre de promotion de la santé – sensibilisation à la réduction des risques » 

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