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Les vapoteurs dans la tempête du Covid …

Boutiques de cigarettes électroniques, commerces jugés non-essentiels 

Dès ce 11 mai, l’ensemble des commerces pourra rouvrir ses portes sur notre territoire et ce après presque deux mois de mesures de confinement ayant marqué une cessation totale de leur activité, à l’exception bien sûr des commerces dits essentiels.  

Or, dès le début de ces mesures, un débat avait porté sur les magasins de cigarettes électroniques, lesquels n’avaient finalement pas été considérés comme commerces essentiels et ne purent donc bénéficier du traitement accordé par exemple aux librairies. Ils avaient purement et simplement été contraints de fermer boutique. Dans un premier temps, il avait été envisagé de permettre aux consommateurs d’avoir recours au commerce en ligne pour se procurer produits et appareils. Mais l’e-commerce, d’un point de vue législatif, est à la base totalement proscrit pour les produits du tabac y compris tout ce qui concerne l’e-cigarette, et le Fédéral s’était donc très vite ravisé à ce propos. Il avait renoncé à cette voie. Résultat des courses, les vapoteurs voulant rester dans la légalité ne purent plus se tourner que vers certaines librairies et autres supermarchés proposant une gamme de produits électroniques : cette gamme est cependant moins large, en général avec des dispositifs de moins bonne qualité et moins efficaces en regard d’une démarche de sevrage ou de réduction des risques (cigarettes électroniques de 1ère génération, qualité des liquides, etc.).  

Des conséquences pour les vapoteurs ? 

Face à ce constat, une question peut se poser aujourd’hui : doit-on craindre une recrudescence du tabagisme parmi la population dans le cas où nombre de vapoteurs n’aient vu d’autre recours qu’un retour vers la cigarette classique soit parce qu’ils ne trouvaient plus un lieu d’approvisionnement pour ce qui est des recharges et autres accessoires pour leur cigarette électronique soit parce qu’ils n’avaient plus accès à leurs produits de prédilection ? Difficile d’estimer l’ampleur de ce vraisemblable scénario à l’heure actuelle… On ne peut en tout état de cause que se référer à notre petite expérience ; l’un ou l’autre vapoteur ayant effectivement renoué avec le tabac, on en connaît… 

L’e-cigarette sur une ligne de crête 

Autre question légitime que les circonstances et les choix posés de la part du Fédéral mettent en lumière : quelle est au final la place de l’e-cigarette par rapport aux produits du tabac ? Une place ambiguë, cela se confirme… L’on sait que la cigarette électronique est sur une ligne de crête dans la mesure où elle est susceptible de jouer le rôle de porte d’entrée vers le tabagisme classique pour certains consommateurs, notamment les jeunes, tout en étant un outil relativement efficace parmi l’arsenal des aides à l’arrêt du tabac pour nombre de fumeurs. Sa toxicité elle-même est difficile à mesurer avec certitude car un manque de recul demeure du point de vue des études. Un consensus existe cependant quant à la réduction des risques qu’elle permet par rapport au tabac – pas plus de quatre substances dans la composition de l’e-liquide et pas de combustion, donc pas de monoxyde de carbone ni de goudrons… Mais la réduction des risques reste une notion qui n’est pas toujours reconnue à sa juste valeur et souffre parfois d’une approche disons plus moralisatrice… 

Quoi qu’il en soit, en termes de prévention, de réduction des risques et d’aide à l’arrêt, il ne sera sans doute pas inutile de poursuivre le débat autour de l’e-cigarette et peut-être d’envisager les choses autrement s’il advenait dans un temps proche ou lointain que les commerces ferment encore leurs portes. Quant aux vapoteurs, qu’ils sachent dans le cas où leurs produits étaient à nouveau difficilement accessibles et afin d’éviter un retour à la clope, que d’autres alternatives sont toujours possibles : substituts nicotiniques, accompagnement par un tabacologue (outre Tabacstop qui fonctionne déjà de cette manière-là en temps normal, il y a des tabacologues qui se sont adaptés et proposent des consultations à distance dans le contexte du confinement), hypnose, pleine conscience, traitement médicamenteux sur prescription du médecin, etc. La liste est longue en réalité…  

Quant à la situation que nous vivons, si elle est source d’anxiété et de stress, facteurs souvent impliqués dans la consommation tabagique, gardons à l’esprit qu’elle est aussi l’opportunité d’un retour à une certaine bienveillance envers soi-même et l’occasion d’initier des changements.  

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